Litterature d’élèves


 

Lycée Sévigné – Tourcoing

Classe de 3ème Prépro

 

LA POESIE ENGAGEE

Recueil

2013-2014

LA POESIE ENGAGEE

Faites l’amour pas la guerre

Faites l’amour pas la guerre
Regardez en l’air
Le monde est si beau
Gardez la tête haute
La guerre ne sert strictement à rien
Juste pour une histoire de conflits
En espérant qu’ils soient au paradis
Que ces hommes reposent en paix
Pendant ce temps, moi, je suis posée
Devant la tombe de mon grand-père
Tant de familles perdues sans pères
Tant de familles détruites
Sur ce sujet j’ai perdu l’ouïe
Ne plus rien entendre à propos de cette porcherie
Ouvrez les yeux la guerre ne sert à rien
Faites l’amour pas la guerre
Ce slogan me suivra jusqu’à la terre.

H. Elisa

Enragez-vous !

« Nous » qui sommes Nous des personnes comme
les autres à la seule différence, Nous, Nous l’ouvrons
Nous Nous battons pour ce que l’on veut face à Nous
Ces hommes armés attendant les ordres. Nous forçons
le passage pour y arriver. Lui ne comprend pas.
Lui, il est payé. Lui ce qu’il veut, il l’a.
Nous, Nous devons nous tuer au travail pour
survivre. Nous voulons, Nous pouvons. Nous, Nous
Voulons, Nous pouvons d’une façon ou d’une
autre. Enragez-vous !

Enragez-vous pour vous !
Enragez-vous vous pour Votre dignité !
Enragez-vous pour Votre futur !
Enragez-vous pour les autres !
Enragez-vous pour votre famille !

Enragez-vous pour oublier vos soucis !
Enragez-vous pour qu’ils comprennent !
Enragez-vous encore et encore

Faites monter votre haine !

Sophie R.

Il est interdit d’interdire

Je te veux
Je peux ?
Tu m’appartiens
Tu es mien

Je te voudrais
Je t’aurai
Ne me dis pas que je ne t’aurai pas
Car dans ce cas tu mentiras

Interdis-moi
Je ne t’écouterai pas
Interdis-moi
Ça ne marchera pas

Tais-toi, et
Écoute – moi
Tu comprendras à ce moment -là
Que je suis à toi

Un jour tu partiras
Mais ne reviens pas
Tu me tomberas en rampant
Comme un serpent.

Lindsay P.

Amour voyageur

L’ amour, l’amour et ses défauts, l’amour et sa distance.
Être fragilisé, par cette distance poignardante, la tromperie…
Être dénudée par toute cette tristesse, déception en soi…
Je me sens vide, vide de tout cet amour que j’ai apporté
Je suis détruit, plus rien ne me fera sourire dans cette vie.

J’ai cette impression de mourir à petit feu, réfugié sur mes photos
Un saut dans le passé pour avoir la chance de ne t’avoir jamais rencontrée.
Tous ces souvenirs, ma mémoire en est dévastée par cet amour…
Moi, oui, moi qui croyais en l’amour, tu m’as trahi.
Tu m’as fait part de ta joie éblouissante, ton humour, ton amour.

Détruire la vie d’un homme, l’homme de ta vie
Je tourne la page avec la main sur le cœur
Et je m’en vais voir ailleurs.
C’est un amour voyageur.

Steve M.

Les murs parlent

Les murs ont la parole mais ils n’ont pas d’odeur
Dans leur rondeur. Ils ont peur des leurs et des cœurs.
Près d’une clôture leurs carrures les protègent
Des enflures.

Un ver en verre tout vert près de la mer va sur
la fourrure du mur. Les murs ne sont pas purs
Mais durs. Mais on ne peut rien dire sur le rire
Du mur de la rue.

Le mur moqueur n’a pas d’heure pour faire peur
Aux passeurs. Le jour, les murs restent endormis
Et se font pourrir, abritent
Les malheurs de la vie.

Quentin V.

Jouissez sans entrave

Réveil matin 15 heures, j’me réveille comme une fleur
Marguerite dans le macadam a besoin d’un doliprane
Réveil matin 15 heures, j’me réveille comme une fleur
« Ça va les gars ? Bien dormis ? » Pas d’ réponse, tant pis.
« Putain les gars, abusé, c’est qui qui a fini l’ café ? »

« Oh ça va, ça va tu vas pas nous gonfler !
Qu’est-ce qui a Guy, t’as quelq’ chose à m’ dire ?
Bah, hier t’étais pas bourré, ouais t’étais pire. »
Hinh ! Prise de conscience 16 heures, j’ fais mine d’aller
Me coucher, je mets les mains dans les poches, refile

Le cours de ma soirée, des tickets de carte bleue,
Quelq tickets de caisse me font remonter le temps. « Oh putain
D’ merde, ma caisse ! »Ta Ferrari n’est pas là. Tu ne l’as
Pas prise avec toi ? T ‘as dû la laisser au milieu
Du parking du Macumba. J’ai la mémoire qui flanche

Et les yeux rouges, et plus, « surprise », dans ton lit
Ça bouge. Alcool, argent, sexe ne vire qu’à l’ennui
Ceux- là nous empêchent de boire le vin de la vie.

Massinissa H.

 

 

Moisson des douleurs…

 

 

Kaline

Je suis passionnée par les chevaux depuis mon plus jeune âge. Ces animaux ont pris une grande place dans ma vie. Mon rêve était d’ailleurs d’en posséder un, un jour, un animal juste à moi…

Je suis montée à cheval pour la première fois en centre équestre à l’âge de sept ans jusqu’à approximativement mes onze ans. Mais, malheureusement, je dus arrêter mon activité à cause d’un problème de dos. J’en suis tombée vraiment malade. Je ne faisais plus que pleurer. Puis, à mes treize ans, je repartis en club équestre. J’étais redevenue tellement heureuse bien que j’avais perdu l’habitude de monter à cheval.

Le premier jour où je suis retournée, le professeur m’a dit que je montais encore bien. En réalité, c’était seulement le fait que j’avais un bon cheval et qu’il était bien dressé. Puis, comme par miracle, j’ai aperçu cette jument. Elle était si belle, si magnifique malgré son mauvais caractère, il est vrai. Elle se prénommait Kaline, tout l’inverse de ce qu’elle était vraiment. Dès l’instant où je l ‘ai vue, je m’y suis profondément attachée, sans même avoir grimpé sur son dos, non, non, rien qu’en la voyant. Un miracle !

Les autres jours passèrent ainsi, à coup de respect et d’intime rapprochement entre elle et moi. Quand arriva ce fatidique moment: je la grimpai. Elle était si confortable, si douce, que j’oubliais avec elle tout ce qui m’entourait. C’était le jour de mon anniversaire. Mes parents m’offrirent comme cadeau une demi-pension sur un nouveau cheval, une agréable surprise qui me rendit heureuse et triste à la fois. J’allai voir un nouveau cheval qui se prénommait Texas, de couleur alezan. Bien qu’au fond de moi, je ne pouvais m’empêcher de penser à Kaline.

Arriva le mois de juin, le moment du passage à l’entraînement du galop. Avec Kaline, je faisais tout, des figures au sol, ou alors des lâcher pendant lesquels je la laissais se défouler seule. Je pouvais avec assurance monter dessus sans attache, ni protection. Je me cantonnais à m’agripper à sa crinière et elle repartait, la fougueuse, à grand galop. J’avais une telle confiance en ma bête que je ne craignais à aucun moment de tomber. Elle exécutait ses allures sans embûches, quand à la fin de la journée, une dame vint la chercher. C’ était la nouvelle propriétaire de mon cheval de cœur, qui me donna sans le savoir à pleurer toutes les larmes de mon corps. Et je ne pouvais rien changer à cela…

Alors je partis, et bien malgré moi, je voulus me raccrocher à Texas. Les grandes vacances m’ouvraient leurs bras, j’apprenais à faire mes sauts d’obstacles avec lui. La propriétaire me confortait dans l’idée que j’avais un très bon niveau, et je ne cessais les mercredis après-midi de monter Texas.

Un jour bien banal qui ressemblait à tous les autres, j’arrivais au centre, comme à mon habitude. Cependant, cette fois-là, je sentis quelque chose qui avait tout l’air d’un pressentiment. D’un mauvais pressentiment. Texas paraissait bizarre. Je le préparai, puis je l’emmenai en carrière pour le monter comme à l’accoutumé. Lui regardait partout. Je le fis marcher pour le détendre mais il ne pouvait s’empêcher de me faire de gros écarts. Il s’arrêtait tout le temps. Ou il me faisait des départs à des allures presque furieuses, bien rapides, bien folles.

La propriétaire mit alors une barre d’obstacle au milieu du champ de course. Autour de la carrière, je commençai à échauffer Texas et le fis galoper. Le cheval se mit aussitôt à foncer sur la barrière au point que je ne parvenais plus à le contrôler. Il partit extrêmement vite. J’avais beau tirer sur les rênes, Texas ne ralentissait pas. Il sauta la cloison. Tandis que moi, je perdis mes étriers. J’essayai de m’accrocher à sa crinière tout en serrant vigoureusement mes jambes contre lui pour tenter de le calmer, mais en vain. Texas était trop énervé. Il faisait obstinément des tours et des tours de carrière à grandes enjambées, fit enfin un ultime écart qui me fit perdre parfaitement l’équilibre. Je chutai sur une poutre en bois.

A ce moment-là, je savais regretter très amèrement de ne pas avoir porté mon casque et mes protections. Mais il était trop tard ; je n’arrivais plus à respirer. L’air se faisait rare. Et j’avais mal, tellement mal que j’en fis au bout du compte un malaise. La propriétaire me réveilla. Par chance, elle était infirmière. Pour autant, elle ne me prit pas en pitié. Je saignais de partout, j’avais mal et je ne savais plus parler. Sans quoi, j’aurais hurlé de douleur.

Aussi curieux que ça puisse paraître, celle-ci m’obligea à remonter sur Texas alors que la peur me glaçait. C’était une situation horrible : j’essayai de remonter dessus, je refis le tour de la carrière, et Texas repartit encore au galop. Je m’avouai même à cet instant-là qu’il s’agissait peut-être de la fin de ma vie. Je rechutai. Certes, je rechutai. Ma douleur ne m’affectait plus tant elle ne pouvait plus me blesser davantage. Je remontai une nouvelle fois, je serrai les rênes et fis deux mètres de marche sur son dos.

Exténuée, je finis par descendre . Je rentrai Texas dans son box et lui enlevai tous les affaires. Je repartis. J’étais en larmes à cause des douleurs qu’il m’avait affligées, pouvant à peine marcher. Ma mère me conduisit immédiatement à l’hôpital où j’appris que je n’avais par chance rien de cassé. Par contre, j’étais certaine d’en garder d’indélébiles cicatrices au cœur et à l’âme. A cause de cette fatale chute, je pris même la résolution d’arrêter l’équitation. La peur m’avait entièrement engloutie. Je n’osais plus rien approcher…

Quelques mois plus tard, je rentrai de chez une amie, et par hasard, je croisai la propriétaire de Kaline. Mon adorable petit animal l’accompagnait. J’en avais les larmes aux yeux. J’avais un instant retrouvé quelque chose de mon ancien bonheur que j’avais momentanément perdu. Décryptant certainement ma peine, la dame me proposa sans attendre une demi-pension. Je sautai sur l’occasion, sans même poser de question. En une seconde, ma peur s’était évanouie.

Le lendemain, je me rendis au centre pour voir ma chère monture auprès de laquelle je ne me retins pas d’être tendre. Après tant de temps. Je décidai d’affronter ma peur. Je montai Kaline en ne m’accrochant fermement qu’à sa crinière. Je serrai mes jambes autour de son ventre. Elle marcha, trotta, puis galopa. Elle sauta un obstacle. J’avais l’impression de voler dans les airs. A ce moment-là, je ressentis qu’entre elle et moi, il y avait encore et toujours de cette grande complicité qui nous était si particulière.

Kaline savait ce que je pensais. Elle me comprenait. Elle était plus qu’un animal. Il n’ était plus question d’ une simple fille qui montait sur une jument. C’était bien plus que cela. C’était moi sur Kaline, mon vrai lien, ma grande amitié. Quelque temps après, elle tomba malade. Je ne pouvais plus la monter. La propriétaire m’annonça un jour qu’elle déménageait et que Kaline allait partir aussi. J’en fus totalement effondrée, car pire qu’avant, je prenais conscience que je la perdais cette fois-là pour toujours.

Cela fait un an que Kaline est partie. Depuis, je n’ai plus touché à un autre cheval. Néanmoins, je lui reste reconnaissante, où qu’elle soit, de m’avoir guérie de mes peurs que rien ne pouvait sans elle soigner. Parfois, je me surprends à pleurer. Maintenant, je tourne la page tout en sachant avec certitude qu’ un animal, aussi banal soit-il qu’un cheval, a, dans ma vie, grandement et formidablement compté.

Personne ne mérite de pleurer un rêve…

Un garçon et une fille se parlent. La fille est complètement folle d’amour pour lui. Mais il a fallu ce jour de rupture…

La fille : Salut…

Le garçon : Hé salut !

La fille : Ça va ?

Le garçon : Bah ouais et toi ?

La fille : Pas pire…

Le garçon : Qu’est-ce qui se passe ?

La fille : Rien de spécial…

Le garçon : Ok, si tu le dis… Tu avais quoi à me dire ? Car ma copine m’attend pour fêter nos quatre mois ensemble.

La fille : Ha, je suis bien contente pour vous deux…

Le garçon : Merci, t’ inquiète pas , tu le trouveras bientôt, j’en suis sûre, ma belle…

La fille : Je l’ai trouvé…, mais il est parti…

Le garçon : Hé là, reviens pas là dessus ! On a eu une discussion la dernière fois au téléphone sur l’amour que t’avais pour moi, mais moi je t’aime en amie. Ça me fait plaisir de savoir que tu m’aimes par contre…

La fille : C’est pas ça que je veux moi !!! Je veux seulement te voir et te dire toute ma douleur, et ce que je ressens envers toi, c’est tout !

Le garçon : Bon ok, d’accord. Mais dépêche-toi car ma copine va me gueuler dessus .

La fille : Ha d’accord… Je ne me grouillerai certainement pas pour une fille qui t’attend le cœur joyeux. Va fêter avec elle vos quatre mois, puis tant pis… !

Le garçon : Je suis en bas de chez toi, descends !

La fille : D’accord. J’arrive !

Le garçon : Bon maintenant dis moi ce que tu devais me dire, mais pas longtemps…

La fille : D’accord, je ferai mon possible pour le moins long… Alors, voilà, je t’aime depuis un an. Je n’ai pas su te le dire… Je l’ai caché chaque fois qu’on s’est parlés. Tu sais que c’est très dur à cacher. Mais j’ai réussi. Je t’aime tellement!Je t’ai aimé depuis le tout début de cette soirée où tu étais saoul et où tu m’as dit que tu ne m’aimais pas seulement en amie. Mais le lendemain, tu m’as avoué être désolé et que tu ne pensais pas ce que tu disais, que c’était l’alcool qui avait parlé. Moi je pensais qu’il y avait de la sincérité dans tes mots. Mais non. La preuve, à ce jour, tu n’es plus avec moi, mais avec une autre… Ça me bouffe de te voir avec elle…

Le garçon : Oui, mais elle est parfaite, elle a le physique que je veux…

La fille : Certes, mais les filles « parfaites » sont souvent les plus infidèles.

Le garçon : Je sais…

La fille : Bon j’ai fini… Salut, bonne soirée avec elle ! A jamais !

Le garçon : D’accord, salut.

La fille rentra chez elle, triste, déçue, s’enferma dans sa salle de bain en pensant à lui. Le garçon, par contre, en rendez-vous avec sa copine, ne pensait plus qu’à ce que la fille lui avait dit : « A jamais ! » . Après une longue réflexion, il décida de se rendre au domicile de cette dernière.

La mère de la fille : Bonjour Morgan, si c’est pour voir Alice, elle est dans son bain depuis deux heures, au premier étage.

Le garçon monta en courant et essaya d’ouvrir la porte. Mais Alice l’avait déjà fermée à clef.

Le garçon : Alice, réponds, c’est Morgan. C’est pour te dire que je veux te parler face à face.

La fille : Parle à la porte ! Elle, au moins, ne va pas perdre de larmes à cause d’un gars qui ne mérite pas son cœur.

Le garçon : Hey arrête-là! Personne ne mérite le cœur d’une porte. Faut vraiment être désespéré pour ça.

La fille : Je le suis !!!

Le garçon : Alice…Sors, s’il te plaît !

La fille : Non, arrête. Tu m’as vu pour la dernière fois aujourd’hui. Souviens-toi bien de moi…de comment j’étais.

Le garçon : Dernière fois ?? Pourquoi, tu déménages ??

La fille :Oui, on peut dire ça comme ça… (Elle pleura très fort)

Le garçon : Où ?

La fille : Quelque part…, où tu vas me retrouver un jour.

Le garçon : Euh…Sois plus précise !

La fille : Je t’aime Morgan… Vraiment, vraiment…

Le garçon : Moi aussi, mais…

La fille : Ne dis pas mais !! Je veux juste que tu saches que je pourrais donner ma vie par amour pour toi…, et cela, n’importe quand.

Le garçon : Je sais…

La fille : Alors…

Le garçon : Alors quoi ?

La fille : Alors, je te la donne ce soir. Je t’aime tellement !!! (Elle pleura très fort)

Le garçon : Non, reste !! J’ai besoin de toi !!

La fille : Je t’aime et sache que je vais toujours être là pour toi, et ce, plus que jamais. Peu importe ce qui arrivera. De toute façon, ce qui compte vraiment pour moi, c’est que tu sois heureux. Je t’aime. Je pourrais te donner la Lune !! Je t’aime plus que tout pour toujours…

Le garçon : Non, attends, je dois te dire quelques petites choses importantes.

La fille : Quoi encore ?

Le garçon : Si tu n’es plus là, je perdrais la moitié de moi. Je…Je…

La fille : Je t’aime, Morgan ! Bye…(Elle prit un rasoir, en détacha une lame et s’ouvrit les veines)

Le garçon : Je…Je… Alice, j’ai réfléchi, puis moi, je t’aime aussi…En fait, je ne t’aime pas, JE T’ ADORE ALICE !!!J’ai laissé ma copine pour toi. Alice, ton sourire me fait rêver et tes yeux me font pleurer.

BAAM ! Il défonça la porte de la salle de bain et entra. Ce qu’il vit lui brisa le cœur. Il venait de voir le corps d’Alice sans vie, immobile, qui baignait dans une baignoire rouge vif …Il s’accroupit sur le bord du bain et commença à pleurer. Voilà qu’il réalisait. Il perdit la fille qui l’aimait pour une fille qui voulait passer le temps. Ne laissez personne souffrir d’un bonheur que vous pouvez donner, car personne ne mérite de pleurer un rêve…

Les amants maudits

Je vais vous raconter une histoire, une bien sordide histoire, celle de Maéva, 17 ans à ce jour, une belle jeune femme, gentille, amusante, joyeuse, une fille qui mène la vie qu’elle veut, une vie qu’elle croque à pleines dents. Une fille dont les parents sont fiers et heureux d’avoir et de compter parmi eux…

Un jour, ou plutôt un soir, sa meilleure amie Iréelia l’emmena à une soirée entre amies. Maéva ne voulut pas boire au début ; elle voulait juste s’amuser. Sa meilleure amie insista, alors Maéva se laissa aller, et but. Elle but encore et encore, jusqu’à finir par ne plus savoir ce qu’elle faisait. Lors de cette soirée, elles ne furent pas seules en vérité. Cinq garçons étaient aussi présents. Cinq grossiers personnages atteints par ce désir diabolique d’accomplir de ces actes cruels et immoraux que les adolescents prennent parfois pour de la passion.

Quand vint le moment du signal que lança l’amie de Maéva aux garçons. Ceux-ci se jetèrent sauvagement sur elle, commencèrent à l’embrasser, à la déshabiller pour ne laisser entrevoir à la fin que ses résistances impuissantes, ses cris et ses pleurs suppliants qui n’étaient d’aucun effet, d’aucun intérêt. Sous le regard amusé de tous ses bourreaux, sa « meilleure amie » filmant la scène, Maéva dut se laisser profaner le cœur et l’âme contre sa jeune volonté. Elle ne se débattit plis. Elle ne hurla plus. Ses forces en étaient fatiguées, ivres. Elle n’avait plus que ses pleurs en attendant le terme du cauchemar odieux.

Le lendemain, elle se réveilla entièrement nue sur le bord de la route, avec des SMS plein le téléphone au creux de sa main, de toutes les insultes et les appels qui avaient manqué de lui porter le coup de grâce. Petit animal blessé qui semblait attendre sa fin. Sa « meilleure amie » Iréelia avait fait tourné la vidéo de son tout récent supplice. Les personnes qu’elle avait l’habitude d’appeler « amis » lui tournèrent irrévocablement le dos, ainsi que toutes les personnes de son lycée. Elle ne se rappelait plus vraiment de grand chose et préféra n’en rien dire à ses parents. Ainsi durant plusieurs mois, c’était l’enfer qui la vivait…

La vidéo tournait et tournait. Les insultes volaient. Maéva ne mangeait plus, ne dormait plus.
Son existence se bornait à couler ses pleurs, à sécher les cours tant qu’elle le pouvait, pour finir par se laisser exclure par son équipe de hockey sur gazon. Son entraîneur avait lui aussi pris part au lynchage visuel qui sévissait depuis des semaines. Il préféra se séparer de son équipière. Maéva perdit doucement, lentement tout…Elle ne pouvait plus rien faire si ce n’était de se confier par la toute dernière fenêtre qui lui restait ouverte : Internet. Elle écrivit entre les lignes sur les étendues infinies de ses malheurs.

Un jour vint, elle rencontra un garçon : Mana. Un gars bien qui aimait tout autant qu’elle la vie, quand celle-ci était aussi à une certaine époque de sa jeunesse heureuse. Ils devinrent très proches, peu à peu amoureux. Ils vécurent dans l’ombre une belle histoire d ‘ amour, hors du commun, en sourdine, clandestine presque à la dérobée. Pendant des mois. Pendant des jours. Pendant des heures et des secondes…jusqu’au jour où! Mana reçut la vidéo du malheur à son tour. Il ne comprit pas. Il se mit dans tous ses états et ne voulut surtout pas comprendre. Il quitta Maéva sans peine, quasiment sans remords.

Elle, elle était anéantie. Elle ne savait plus que faire devant l’insistance têtue de cette malédiction. Maéva mit un terme à son calvaire en lui crachant une dernière fois à la face dans une ultime vidéo qu’elle posta sur Internet ce soir-là comme on libère un poids en pleine mer. Puis, elle se pendit.

A trois heures du matin, Mana frappa à la porte de son domicile. La mère de Maéva ouvrit sans se douter du drame qui se jouait cruellement en sa demeure. Mana se vida les larmes du corps tellement les regrets se mirent instantanément à le ronger. Il s’empressa de monter vers la chambre de son ange bien aimé, et la trouva pendue, le regard absolument et définitivement inexpressif, le corps de son cœur, sa vie, gisait en plein air s’égouttant comme s’égoutteraient des larmes dans une mare de sang.

Mana hurla, tomba par terre, et pleura de toute la puissance de ses forces. Les parents de Maéva montèrent aussitôt. Voyant l’horrible spectacle, ils se mirent à leur tour dans le même état que le petit-ami de leur défunte fille. La nouvelle finit par se propager à tous les alentours, atteignit les couloirs et les cours du lycée. Tout le monde se mit à s’en vouloir au plus profond de lui. Les parents de Maéva, prenant connaissance de la dernière vidéo laissée par leur fille, décidèrent de porter plainte contre les jeunes hommes et tous les protagonistes de la sordide mise en scène dans laquelle tomba leur fille. Mais en vain…Les preuves s’étaient évaporées.

Chaque jour, chaque nuit, ils ne les passaient plus que sur la tombe de leur fille à sangloter, à supplier de se faire pardonner pour la faute indigne de n’avoir rien vu et rien compris. La culpabilité empreinte de révolte se lisait dans leurs yeux, dans le poids de chacune de leur larme qui glissait le long de leurs joues. Les semaines passèrent, et le jour de l’enterrement arriva après les longs développements d’une interminable enquête policière.

Les parents de Maéva se rendirent chez Mana. Que ne fut pas leur saisissement inattendu de découvrir le jeune homme gisant sur son lit, un flingue au creux de la main, un impact de balle dans la tête et une inscription sur le torse :

« Aujourd’hui, il y aura deux enterrements.
L’ Amour a ses raisons que la raison même ignore. »

Les deux jeunes se firent enterrés l’un près de l’autre. Sur leurs tombes était gravé cette ultime trace qui les définit sans retour :

« LES AMANTS MAUDITS »

Cette histoire m’aura appris une chose, à vous d’apprendre.

Couleur blond vénitien

En cette année 2009, j’étais alors élève en classe de sixième, encore plongée dans les magies enfantines, et toutes les illusions innocentes. Je me rendais au collège comme chaque jour, et à cet instant déjà, je vis tout le monde qui se mit à me dévisager. Je me posais mes premières questions : pourquoi me dévisageait-on à ce point ? Pourquoi tant de colère dans leurs regards ? Ces coups d’ œil glacés me donnaient déjà le ton de ce que j’allais encore vivre et voir.

J’avais à cette époque une meilleure amie prénommée Amandine, une fille ouverte d’esprit, assez mature pour son âge. Mais malheureusement, je me rendis compte bien vite à son sujet qu’ elle jouait avec moi. Disputes après disputes, je me faisais une idée chaque fois plus précise sur ce que cette fille était en réalité…

Un jour, alors que je m’apprêtais à commencer ma partie de ping-pong en cours de sport, Amandine vint vers moi et m’ avoua que je n’étais plus son amie « idéale », à cause de ma couleur de cheveux particulière, la mienne, celle-là même qui constituait mon identité… En effet, je suis blonde vénitienne mais dans des teintes qui tendent plutôt vers le roux. Amandine me reprochait aussi d’être pour mon âge un peu trop enfantine à son goût. A ce moment précis, je me sentis détruite, trahie, un peu dans la situation de quelqu’un qui se faisait enfoncer profondément un poignard dans le dos. Je rompis sans appel avec elle…

Quelques mois plus tard, je ne m’étais toujours pas remise de cette séparation. Notre amitié avait tout de même résisté trois ans. Entre temps, je rencontrai une autre fille d’exception, prénommée Olivia. Cette dernière était bien plus tolérante, aimable et douce avec moi. Elle était une amie fidèle sur laquelle je pouvais être sûre de toujours compter. Une fabuleuse année scolaire se déroula dans ce collège magique, qui me fit à la fin pleurer de tristesse mêlée à de la peur. Car ma mère décida pour l’année suivante de m’envoyer au collège R., un autre établissement réputé pour le « style » de personnes qui y étudiaient. J’avais absolument peur de ne plus réussir à me faire des amies comme Olivia.

Les deux mois de vacances passèrent. La nouvelle rentrée arriva à grands pas. Je me souviens : j’étais dans mon lit, il était deux heures du matin et je ne dormais toujours pas. J’étais affreusement stressée. Le matin s’installa, je me levai à peine après n’ avoir dormi qu’ une seule heure d’épuisement…En route vers le collège, j’eus peur. Je m’étais faite toute belle pour que l’on ait au moins une opinion positive sur moi.

Arrivée devant le collège, personne ne vint me parler. Je me sentais bien seule quand tout le monde était avec ses amis. J’étais avec certitude la proie inoffensive sur laquelle une tristesse étrange se lisait. En fin de compte, la rentrée s’était curieusement bien passée, comme pour tout le monde…

Jusqu’à ce jour où en cours de technologie, alors que l’on travaillait en groupe autour d’une table, une fille nommée Cadia m’insulta sans raison. Je préférai ne rien dire. Tout d’un coup, notre professeur de technologie me questionna sur mon collège d’origine. Je lui répondis que je venais du collège S. C.. Là, je sentis que j’allais commencer à vivre les pires années de mon adolescence, que certainement personne n’avait jamais affronté.

Pendant deux ans, je vécus un florilège d’ humiliations, des insultes, des harcèlements moraux, des agressions etc… Un jour, en classe, je craquai et pris un compas pour me tailler les veines peu profondément. Mon voisin de table me vit faire et au lieu de me réconforter, m’asséna ces paroles odieuses : « Prends une corde, ça ira plus vite ! ». Tout le monde se mit à m’encourager à continuer. Après ça, j’ai été envoyée à l’hôpital sans vraiment saigner du poignet. Les médecins m’avaient prescrit une psychologue pour me suivre, laquelle je n’ai jamais vue depuis.

Aujourd’hui, je vis avec tout cela dans ma tête, les cicatrices de plus en plus profondes sur mon poignet gauche, et des pleurs à me servir tous les soirs. Et rien n’a vraiment changé. Quant à chez moi, c’est toujours l’enfer. Toujours l’image de ma lame chérie dans ma tête et dans mon cœur. Encore, elle, sur ma table de nuit. Ou si près de moi quand je m’endors…sur le lit de mes longs cheveux, une fois pour toutes, couleur blond vénitien.